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De l’infrastructure à l’intelligence artificielle (Jonathan Dos Santos, Rubichain)

Jonathan, pouvez-vous nous raconter comment votre expérience chez Microsoft a influencé votre approche de l'intégration des solutions IA chez Rubichain ?

Mon passage chez Microsoft a eu un impact très fort sur ma manière de penser la technologie. J’y ai appris une chose essentielle : une innovation n’a de valeur que si elle s’intègre réellement dans les usages, dans les contraintes métiers et dans la réalité opérationnelle d’une entreprise.

Chez Microsoft, j’ai évolué dans des environnements exigeants, avec des problématiques d’infrastructure, de systèmes, de performance, de sécurité et d’adoption à grande échelle. Cela m’a donné une vision très concrète de ce qui fonctionne réellement sur le terrain. On peut avoir la meilleure technologie du monde, si elle est mal déployée, mal comprise ou mal alignée avec les besoins, elle devient un coût au lieu d’être un levier.

C’est exactement ce qui a façonné mon approche chez Rubichain. Je ne vois pas l’IA comme un gadget ou comme une promesse marketing. Je la vois comme un outil stratégique, au service d’un objectif précis : gagner du temps, améliorer la qualité, fluidifier les processus, aider à la décision ou créer de nouveaux relais de croissance.

Mon passé chez Microsoft m’a aussi appris à être pragmatique. Avant de parler d’IA, je regarde toujours les fondations : la qualité des processus, la circulation de l’information, la maturité numérique de l’équipe, la capacité à maintenir ce qu’on met en place. Chez Rubichain, nous intégrons des solutions IA avec cette logique : partir du réel, viser l’utile, et construire quelque chose de durable.

Quels ont été les défis majeurs que vous avez rencontrés lors de la création de Rubichain et comment ces expériences ont-elles façonné votre philosophie sur l'automatisation et la transformation digitale ?

Créer Rubichain a été à la fois une aventure passionnante et une école de lucidité. Le premier défi a été de faire comprendre que la transformation digitale n’est pas simplement un sujet technique. C’est un sujet d’organisation, de culture, de vision et parfois même de courage managérial.

Beaucoup d’entreprises veulent évoluer, mais sans vraiment remettre en question leurs habitudes. Elles souhaitent les bénéfices de l’automatisation sans revoir les process qui freinent depuis des années. Or, automatiser un mauvais processus, c’est souvent aller plus vite dans la mauvaise direction. C’est une phrase simple, mais elle résume beaucoup de projets ratés.

Un autre défi important a été de lutter contre les effets de mode. Entre les discours trop vendeurs sur l’IA, les fantasmes, les peurs et les promesses irréalistes, il a fallu construire un positionnement sérieux : montrer que oui, l’IA peut transformer une entreprise, mais à condition de l’aborder avec méthode, avec mesure et avec une vraie compréhension métier.

Ces expériences ont renforcé ma philosophie. Aujourd’hui, je défends une automatisation utile, progressive et responsable. Je crois aux quick wins, mais pas aux illusions. Je crois à l’innovation, mais pas au chaos. Et je crois surtout qu’une bonne transformation digitale ne doit pas déshumaniser l’entreprise. Elle doit au contraire lui permettre de remettre l’humain au bon endroit : moins de tâches répétitives, plus de valeur, plus de réflexion, plus de relation.

Enseignant l'IA à l'Université de Montpellier, comment percevez-vous le rôle de l'éducation dans l'adoption des solutions d'IA par les entreprises ?

Pour moi, l’éducation est le point de départ de tout. L’un des plus gros freins à l’adoption de l’IA dans les entreprises n’est pas la technologie elle-même, c’est le manque de compréhension de ses usages, de ses limites et de ses conditions de réussite.

En enseignant l’IA à l’Université de Montpellier, je vois à quel point il est important de transmettre non seulement des compétences techniques, mais aussi une méthode de réflexion. Comprendre ce qu’est un modèle, ce qu’il peut faire, ce qu’il ne peut pas faire, comment l’évaluer, comment l’utiliser de façon responsable, c’est fondamental. Sinon, on oscille entre deux extrêmes : la peur irrationnelle ou l’enthousiasme naïf.

Cette logique vaut aussi en entreprise. Une organisation qui veut intégrer l’IA doit commencer par acculturer ses équipes. Il faut former les décideurs, rassurer les opérationnels, montrer des cas d’usage concrets et donner un cadre clair. L’objectif n’est pas que tout le monde devienne ingénieur IA. L’objectif, c’est que chacun comprenne comment cette technologie peut l’aider dans son métier.

L’éducation permet aussi de redonner du discernement dans un moment où beaucoup de choses sont survendues. Former, c’est créer de la maturité. Et la maturité, c’est ce qui permet de passer d’un effet de curiosité à une adoption réelle et créatrice de valeur.

Quel est, selon vous, le plus grand malentendu que les entrepreneurs ont sur l'intégration de l'IA dans leurs processus métiers ?

Le plus grand malentendu, c’est de croire que l’IA est une solution magique que l’on branche sur une entreprise pour la rendre instantanément plus performante.

En réalité, l’IA n’est pas un miracle. C’est un amplificateur. Elle amplifie ce qui existe déjà. Si vos données sont mal structurées, si vos processus sont flous, si vos équipes ne savent pas pourquoi elles utilisent un outil, l’IA va rarement régler le problème. Elle peut même parfois le rendre moins visible au début et plus coûteux ensuite.

Beaucoup d’entrepreneurs pensent aussi qu’intégrer l’IA revient à acheter un outil. Or, le vrai sujet, ce n’est pas seulement l’outil. C’est l’usage. C’est la méthode. C’est l’intégration dans les flux de travail. C’est la gouvernance. C’est la capacité à mesurer le retour sur investissement.

À mes yeux, l’IA doit être abordée comme un levier business, pas comme une mode technologique. La bonne question n’est pas : “Comment mettre de l’IA dans mon entreprise ?” La bonne question est : “Quel problème concret dois-je résoudre, et où l’IA peut-elle créer un gain réel ?” À partir de là, les choses deviennent beaucoup plus sérieuses et beaucoup plus efficaces.

Pourriez-vous partager un projet de Rubichain qui vous a particulièrement marqué par son impact sur la transformation digitale d'une entreprise ?

Ce qui me marque le plus chez Rubichain, ce ne sont pas uniquement les projets les plus spectaculaires sur le papier, mais ceux qui changent réellement le quotidien d’une organisation.

Je pense notamment aux missions où nous avons combiné audit, automatisation et intelligence artificielle pour aider des structures à gagner du temps sur des tâches répétitives, mieux exploiter leur information interne et recentrer leurs équipes sur des missions à plus forte valeur ajoutée. Dans ce type de projet, l’impact n’est pas seulement technique. Il est aussi humain et stratégique.

Ce que j’aime dans ces transformations, c’est le moment où l’entreprise passe d’une logique subie à une logique choisie. Au départ, les équipes sont souvent noyées dans des opérations manuelles, dans la recherche d’informations, dans des validations inutiles ou dans des tâches chronophages. Et progressivement, grâce à une meilleure structuration et à des outils bien pensés, elles reprennent la main.

Chez Rubichain, notre objectif n’est pas juste de déployer une technologie. C’est de créer un cadre de travail plus fluide, plus lisible et plus efficace. Quand un dirigeant nous dit qu’il a enfin une vision claire, que ses équipes respirent un peu mieux et que la transformation commence à produire des résultats tangibles, là, on sait qu’on a fait un vrai travail utile.

Pourriez-vous partager un projet de Rubichain qui vous a particulièrement marqué par son impact sur la transformation digitale d'une entreprise ?

Ce qui me marque le plus chez Rubichain, ce ne sont pas uniquement les projets les plus spectaculaires sur le papier, mais ceux qui changent réellement le quotidien d’une organisation.

Je pense notamment aux missions où nous avons combiné audit, automatisation et intelligence artificielle pour aider des structures à gagner du temps sur des tâches répétitives, mieux exploiter leur information interne et recentrer leurs équipes sur des missions à plus forte valeur ajoutée. Dans ce type de projet, l’impact n’est pas seulement technique. Il est aussi humain et stratégique.

Ce que j’aime dans ces transformations, c’est le moment où l’entreprise passe d’une logique subie à une logique choisie. Au départ, les équipes sont souvent noyées dans des opérations manuelles, dans la recherche d’informations, dans des validations inutiles ou dans des tâches chronophages. Et progressivement, grâce à une meilleure structuration et à des outils bien pensés, elles reprennent la main.

Chez Rubichain, notre objectif n’est pas juste de déployer une technologie. C’est de créer un cadre de travail plus fluide, plus lisible et plus efficace. Quand un dirigeant nous dit qu’il a enfin une vision claire, que ses équipes respirent un peu mieux et que la transformation commence à produire des résultats tangibles, là, on sait qu’on a fait un vrai travail utile.

Comment évaluez-vous l'impact humain de l'automatisation à travers vos projets, et quels mécanismes mettez-vous en place pour gérer cette évolution ?

L’impact humain est, pour moi, un sujet central. Une automatisation réussie n’est pas seulement une automatisation qui fait gagner du temps. C’est une automatisation qui améliore réellement le quotidien de celles et ceux qui travaillent avec elle.

Dans nos projets, nous regardons donc plusieurs dimensions. D’abord, la charge mentale : est-ce que l’on réduit les frictions, les ressaisies, la dispersion, les tâches sans valeur ? Ensuite, la qualité du travail : est-ce que les collaborateurs peuvent se concentrer davantage sur l’analyse, la relation client, la décision ou la créativité ? Enfin, l’adhésion : est-ce que les équipes comprennent le sens de ce qui est mis en place ?

Pour accompagner cette évolution, nous travaillons avec une approche progressive. Nous impliquons les parties prenantes, nous expliquons le pourquoi, nous identifions les craintes, nous testons à petite échelle, puis nous ajustons. L’erreur serait d’imposer une automatisation comme un couperet technocratique. En général, ça casse plus que ça ne construit.

Je suis convaincu que l’automatisation ne doit pas être pensée contre l’humain, mais pour lui. Elle doit supprimer l’inutile, pas la valeur humaine. Elle doit renforcer les équipes, pas les déposséder. C’est cette ligne que je défends dans tous les projets que je porte.

À l'avenir, comment envisagez-vous l'évolution des solutions d'intelligence artificielle et leur rôle dans la transformation digitale des entreprises ?

Je pense que nous entrons dans une phase beaucoup plus sérieuse de l’IA. Nous sortons progressivement de la période du simple effet “waouh” pour entrer dans celle de l’intégration réelle, de la spécialisation métier et de la recherche de retour sur investissement.

Demain, l’IA sera de moins en moins perçue comme un outil isolé, et de plus en plus comme une couche intégrée à l’entreprise. Elle sera présente dans les logiciels, dans les flux de travail, dans les interfaces, dans la relation client, dans la gestion documentaire, dans l’aide à la décision. On ne parlera plus seulement de chatbot ou de génération de texte. On parlera de systèmes capables d’assister, d’orchestrer, d’analyser, de prioriser et d’exécuter certaines tâches avec un cadre de contrôle humain.

Pour les entreprises, cela va créer un écart de plus en plus net entre celles qui expérimentent intelligemment dès maintenant et celles qui attendent encore en pensant que ce sujet est secondaire. L’IA va profondément transformer la compétitivité, la productivité et la vitesse d’exécution.

Mais je crois aussi qu’une autre question va devenir centrale : celle de la souveraineté, de la maîtrise des données et de la gouvernance. Les entreprises ne chercheront plus seulement des outils puissants. Elles chercheront des solutions fiables, sécurisées, adaptées à leur contexte et alignées avec leurs intérêts.

À l’avenir, le vrai enjeu ne sera pas seulement d’utiliser l’IA. Ce sera de l’intégrer avec intelligence. Et c’est précisément là que se jouera la différence entre les entreprises qui subissent la transformation et celles qui la pilotent.

Pour en savoir plus : https://rubichain.fr

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