Pourquoi l’IA est d’abord un sujet de leadership et d'accompagnement ? (Aymeric DELBERT, BoostYourIA)

Bonjour Aymeric, pourriez-vous nous présenter Boost Your IA et comment votre entreprise aide les entreprises à intégrer l'intelligence artificielle?

Nous avons créé BoostYourIA , un organisme de formation certifié et spécialisé en intelligence artificielle, avec pour objectif d’accompagner les entreprises dans leur virage IA avec sérénité et efficacité.

Nous portons une conviction simple : l’IA n’est pas seulement un sujet « tech », c’est avant tout un levier de performance et un enjeu de gouvernance. Notre rôle est d’aider les dirigeants à passer de l’intuition à l’exécution : nous partons des métiers, des irritants et des processus, puis nous co-construisons un plan de montée en compétences progressif concret et réaliste (méthodes, outils, bonnes pratiques, gouvernance).

L’objectif n’est pas « d’avoir de l’IA », mais d’obtenir des gains mesurables et une adoption durable.

Quels sont les principaux défis rencontrés par les entreprises lors de l'intégration de l'intelligence artificielle, selon votre expérience?

Le piège numéro un, c’est de confondre vitesse et progrès. L’IA donne l’impression d’aller vite, donc on multiplie les tests… mais sans cap, on fabrique surtout de la dispersion. En tant que dirigeant, la question n’est pas “quel outil choisir ?”, c’est “où est-ce que je mets l’IA pour améliorer un indicateur business ?”.

Le deuxième défi, c’est le contrôle. Si vous ne posez pas de règles, vous aurez de l’IA quand même, mais de manière non maîtrisée : données sensibles qui circulent, contenus non vérifiés, décisions prises sur des outputs incertains. L’IA est un accélérateur : elle accélère le meilleur comme le pire.

Et enfin, il y a le passage à l’échelle. Un dirigeant ne peut pas se satisfaire de trois “champions” qui gagnent du temps dans leur coin. Il faut transformer ça en standard collectif : formation continue, méthodes, usages, qualité, gouvernance, et un pilotage clair. C’est là que se crée la valeur durable.

C’est pour ces raisons que, chez BoostYourIA, nous structurons nos accompagnements et nos formations autour de trois piliers: prioriser les cas d’usage à impact, poser un cadre de gouvernance simple et industrialiser l’adoption afin de transformer l’IA en levier de performance durable, pas en expérimentation permanente.

Pourriez-vous partager un exemple concret où l'intelligence artificielle a transformé positivement une entreprise grâce à vos formations et conseils?

Dans les entreprises que nous accompagnons, nous observons un basculement très concret : au départ, l’IA sert à gagner du temps sur des tâches simples (synthèses, comptes rendus, premières versions, supports commerciaux). Ensuite, on structure : règles, modèles, check-lists qualité et workflows d’équipe.

Le résultat, côté dirigeant, est très lisible : du temps récupéré pour se reconcentrer sur la réflexion et la relation client, une meilleure homogénéité dans la production et une organisation plus réactive. Ce n’est pas « magique » : c’est une discipline de déploiement, comme n’importe quel levier de productivité.

En observant l'évolution du marché, quelles tendances émergentes voyez-vous dans l'adoption de l'intelligence artificielle par les entreprises?

Je vois trois tendances fortes.

D’abord, on sort de l’IA “à côté” pour entrer dans l’IA “dans le système”. Elle s’intègre dans les outils existants, dans les routines, dans les processus. Autrement dit : ce n’est plus un sujet d’enthousiastes, c’est un sujet d’organisation.

Ensuite, on passe de l’assistance à l’orchestration : les agents et l’automatisation permettent d’enchaîner plusieurs étapes d’un travail rechercher, synthétiser, rédiger, mettre en forme, préparer l’action. Pour un dirigeant, ça change l’équation : on ne parle plus seulement de “gagner 20 minutes”, mais de repenser un flux de travail.

Enfin, la gouvernance devient centrale. Les comités de direction comprennent que l’IA est un levier puissant mais sensible : sécurité, conformité, propriété des données, contrôle qualité. Ceux qui vont prendre de l’avance, ce sont ceux qui cadrent tôt et qui déploient proprement.

Selon vous, quelles compétences les dirigeants d'entreprise devraient-ils développer pour réussir l'intégration de l'intelligence artificielle?

La compétence clé, c’est la capacité à arbitrer. L’IA offre mille possibilités : un dirigeant doit savoir prioriser ce qui a un impact business réel productivité, satisfaction client, vitesse d’exécution, qualité…

Deuxième compétence : piloter l’adoption. Une transformation IA, ce n’est pas un achat, c’est un changement d’habitudes. Il faut une trajectoire, des objectifs, des relais internes, de la formation, et une mesure avant/après. Sinon, cela reste une collection d’initiatives.

Troisième compétence : installer une gouvernance simple, opérationnelle. Qu’est-ce qui est autorisé ? Qu’est-ce qui est interdit ? Quelles données ? Quels outils ? Quel niveau de validation ? Qui est responsable ? C’est ce cadre qui permet d’aller vite sans casser la confiance.

Et enfin, une posture : garder la responsabilité humaine au centre. L’IA peut produire, mais la décision, le jugement et la redevabilité restent du ressort du management. C’est une question de leadership, pas seulement de technologie.

C’est précisément ce que nos accompagnements et nos formations chez Boost Your IA permettent d’ancrer : transformer ces principes en pratiques concrètes, puis les déployer à l’échelle de l’entreprise.

Comment envisagez-vous l'avenir de l'intelligence artificielle dans le monde des affaires au cours des prochaines années?

Je pense que l’IA va devenir une couche standard de l’entreprise, comme l’email ou le cloud : invisible, omniprésente et intégrée dans les logiciels. La différence entre les entreprises ne se fera pas sur “avoir l’IA”, mais sur leur capacité à la piloter : adoption, qualité, sécurité, gouvernance et à transformer des gains ponctuels en avantage compétitif.

Quel conseil donneriez-vous aux chefs d'entreprise hésitant à adopter l'intelligence artificielle dans leurs activités?

Mon conseil : Formez vous, ne partez ni trop grand, ni trop flou. Prenez un processus à fort volume et forte douleur, posez un cadre simple (données, outils, validation, formation), lancez un pilote court, mesurez, et déployez ce qui fonctionne. L’IA ne récompense pas ceux qui testent le plus : elle récompense ceux qui décident, cadrent et exécutent.

Pour en savoir plus : https://www.boostyouria.com/

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