L'année 2026 marquera la fin de cette inertie. Le Salon Souveraineté Numérique (SSN 2026) ne se présente pas comme une énième enceinte de réflexion, mais comme le catalyseur d'un pivot souverain indispensable. En réunissant l'écosystème à Paris les 30 juin et 1er juillet, cet événement s'impose comme le point de bascule opérationnel où l’Europe cesse de subir sa « trajectoire de dépendance » pour enfin déployer ses propres solutions.
1. L'IA européenne : Un combat pour nos valeurs autant que pour nos données
Le déploiement de l’intelligence artificielle ne peut plus être réduit à une simple course à la puissance de calcul. À travers le parcours n°5 (« IA de confiance »), le salon pose un postulat clair : l’enjeu est autant éthique et culturel que technique. Adopter des modèles d'IA conçus hors de nos frontières, c'est importer des biais cognitifs et des cadres juridiques qui nous sont étrangers.
Pour garantir une autonomie stratégique réelle, l’IA européenne doit être performante, sécurisée et nativement alignée sur nos standards. Il ne s'agit pas d'une IA « au rabais », mais d'une alternative de haute performance capable de rivaliser avec les géants mondiaux sur le terrain de la fiabilité opérationnelle.
« IA européenne : défendre nos valeurs tout en confrontant les grands modèles américains. »
Cette confrontation n'est pas qu'idéologique ; elle est la condition de notre survie numérique. En s’appuyant sur des partenaires comme Hub France IA, le salon démontre que la souveraineté par le design est la seule réponse viable face aux modèles dominants.
2. La réglementation : De la contrainte au levier de compétitivité
Pendant des années, la régulation a été perçue comme un boulet pour l’innovation européenne. Le parcours n°2 du salon renverse cette perspective en introduisant le concept de « Compliance as a weapon ». Pour les acteurs de la « SouvTech » européenne, la conformité n'est plus un coût, mais un avantage concurrentiel natif, créant un fossé protecteur face aux acteurs étrangers qui peinent à s'adapter à nos exigences de sécurité.
Le cadre réglementaire s'appuie désormais sur trois piliers stratégiques :
L’AI Act : Le premier cadre mondial pour une IA éthique, transformant nos valeurs en standards de marché.
NIS2 : Une directive qui impose une résilience cyber accrue pour toutes les entités essentielles.
Le Cyber Resilience Act : Une garantie de sécurité sur l'ensemble du cycle de vie des produits numériques.

3. Le « SecNumCloud » : Le socle indispensable d'une IA de confiance
On ne bâtit pas une IA souveraine sur un sable mouvant technologique. Le parcours n°3 rappelle qu'une IA de confiance est indissociable d'une infrastructure d'hébergement garantissant la maîtrise totale des données et la réversibilité. Sans un cloud souverain, la souveraineté applicative est une illusion.
Le label SecNumCloud s'affirme ici comme la pierre angulaire de cette architecture. Comme le souligne l’Alliance pour la Confiance Numérique, les entreprises françaises du secteur constituent le « socle essentiel de notre autonomie stratégique ». L’enjeu pour les DSI et RSSI présents au salon sera de valider des solutions capables de rompre avec le « lock-in » technologique des hyperscalers traditionnels.
4. La commande publique comme accélérateur de souveraineté
Le levier le plus puissant pour briser les monopoles ne se trouve pas dans les laboratoires, mais dans les carnets de chèques des institutions publiques. Le parcours n°7 explore comment la commande publique peut cesser d'être une subvention déguisée aux GAFAM pour devenir un acte de politique industrielle.
« Acheter souverain », c'est choisir délibérément de financer notre propre écosystème. Cette approche est vitale pour l’autonomie des territoires. L'organisation Déclic, partenaire de l'événement, insiste sur ce point : la maîtrise des données publiques est la condition sine qua non de la liberté d'action des collectivités. En connectant les acheteurs publics, l'ANCT et les solutions de confiance, le SSN 2026 transforme le budget de l'État et des territoires en un moteur de croissance pour nos champions nationaux.
5. L'Open Source : L'alternative crédible face au monopole des géants
Face à l'hégémonie des plateformes propriétaires, le parcours n°6 pose une question brutale : l’Open Source est-il une alternative crédible ou une simple illusion ? Dans le cadre de l’IA, la réponse est stratégique. Les communs numériques permettent de réduire radicalement les dépendances en offrant une transparence totale sur le « stack » technologique.
Loin d'être un modèle par défaut, l'Open Source soutenu par des acteurs comme l'Adullact ou France Digitale devient un outil de souveraineté opérationnelle. Il permet d'éviter l'enfermement propriétaire et de mutualiser les efforts d'innovation, offrant ainsi une voie de passage vers un numérique durable et partagé.
Vers un écosystème de « SouvTech »
L’architecture du Salon Souveraineté Numérique 2026, structurée autour de ses 8 parcours thématiques, dessine une ambition globale : passer de la dépendance subie à la souveraineté par le choix. L’émergence d’une véritable « SouvTech » européenne est à ce prix.
Les solutions existent, les acteurs sont mobilisés, et le cadre réglementaire est prêt. Il ne manque plus que la volonté politique et économique de privilégier l’indépendance. La question pour chaque décideur, qu'il soit DSI, CTO ou élu, est désormais simple : sommes-nous prêts à troquer la facilité technologique de court terme contre notre liberté stratégique de long terme ?
Informations Pratiques
Événement : Salon Souveraineté Numérique (SSN 2026)
Dates : 30 juin et 1er juillet 2026
Lieu : Espace Champerret, Paris
Organisateur : Quinze Mai (Concepteur d'événements stratégiques depuis plus de 10 ans)
Exposants : 100 leaders européens du Cloud, de la Cyber, de l'IA et de l'Open Source.
En savoir plus : www.salon-souverainete-numerique.com